Recherche avancée   

 
 

342 heures dans les Grandes Jorasses

Le 11 février 1971, René Desmaison entreprend avec Serge Gousseault une grande première hivernale ...

 

Les Grimpeurs de muraille

Hanté par la disparition de sa future femme lors d'une course en montagne, Thomas, guide de haute ...

 

Les Forces de la montagne

Cinquante ans d'alpinisme... La carrière de René Desmaison est d'une exceptionnelle longévité au regard ...

 

Les Forces de la montagne

Cinquante ans d'alpinisme... La carrière de René Desmaison est d'une exceptionnelle longévité au regard ...

 

René Desmaison

Né à Bourdeilles en Dordogne, René Desmaison s’imaginait volontiers marin. Mais son service militaire l’a conduit à intégrer les troupes alpines à Briançon. Un déclic se fait face à la montagne, une vraie passion qui va le pousser à se mesurer aux crêtes les plus inaccessibles de la planète et à accomplir la plupart des grands exploits qui ont marqué l’alpinisme des années 1960-1970. Longtemps établi comme guide à Chamonix, il a participé à de nombreux sauvetages (dont celui de deux alpinistes allemands aux Drus en 1966) et à plus de 1000 ascensions en amateur et guide.

Précurseur des ascensions hivernales, sur des parois d’une grande complexité et dans des conditions climatiques extrêmes, il payera parfois très cher ses défis. En 1971, il ne doit son salut qu’à un sauvetage épique en hélicoptère, après 342 heures passées dans le massif alpin des Grandes Jorasses (Hoëbeke 2002). Endeuillée par la disparition de son équipier, cette tragédie a fait frissonner des millions de Français à la télévision. «J’ai vraiment senti le moment où j’allais mourir à mon tour», explique le miraculé qui a vu, durant toute sa carrière, disparaître vingt-trois de ses proches compagnons. Parmi ses ascensions réalisées en hiver : la face ouest des Drus, la face nord de l’Olan, le Pilier Central du Frêney, la face nord des Grandes Jorasses (3 fois avec l’ouverture d’une nouvelle voie), l’aiguille Verte par le Nant-Blanc, l’Aiguille du Midi par une voie nouvelle. Des ascensions que personne avant lui n’avait réussi à réaliser. Preuve de sa notoriété dans le monde, des dizaines de voies d’escalade portent désormais son nom.

Il a réalisé 114 premières dans les Alpes et les montagnes du monde. La première ascension directe de la face nord de la Cima Ovest avec Pierre Mazeaud, Pierre Colmann et Bernard Lagesse. Une ascension parmi les plus difficiles des Dolomites. «Une grande et belle aventure», dit-il. Deux expéditions en Himalaya, au Mont Jannu. Quatorze expéditions dans la Cordillère des Andes. La première ascension directe de la face sud du Huandoy, la plus difficile au-dessus de 5000 mètres en Amérique du Sud.

Ses films (quatre pour la télé sur les Alpes et les Andes), ses conférences dans les circuits de «Connaissance du monde» ont assis sa notoriété et nourri la passion et l’admiration du public.

Écrivain, bien qu’il s’en défende, René Desmaison a écrit huit livres : La montagne à main nues ; 342 heures dans les Grandes Jorasses, traduit en italien et qui a reçu en avril 2008 le prix Narativa en Italie ; Professionnel du vide ; Les Andes vertigineuses ; Protégeons la montagne ; Pérou-Équateur. Au royaume des montagnes ; Les Grimpeurs de Muraille (roman). Son autobiographie, Les forces de la montagne, est parue en mai 2005 et a été traduite en italien.

Il dira en parlant de ses récits : «Il faut bien se rendre compte que l’on va là-haut avec un bon risque de ne pas revenir. Vingt-trois de mes compagnons y ont trouvé la mort. Moi-même j’en ai réchappé plusieurs fois et je me demande toujours pourquoi eux sont morts et pas moi. Cela conduit à se poser des questions, encore plus quand on se rapproche du grand rendez-vous de la fin de sa vie. La montagne est un lieu mystique, je le suis moi-même.»

René Desmaison est décédé en septembre 2007. Son œuvre et sa passion de la montagne perdurent toujours.