Recherche avancée   

 
 

Le fils de l'ogre

Savez-vous combien il est difficile d'être le fils de son père quand celui-ci est un ogre qui aime les ...

 

André François

André François est né en 1915 , à Timisoara en Roumanie. Son enfance fut peuplée d'étés torrides et d' hivers glaciaux, de jeux fascinants d'ombres du cinéma en plein air et de l'évocation d'un oncle gigantesque.
   Après des études aux Beaux Arts de Bucarest, il part à Paris où Cassandre accepta de le prendre comme disciple en l'encourageant dans la voie de l'illustration. Juste avant la guerre, il publia ses premiers dessins humoristiques. C'est Jacques Prévert qui, au moment de leur collaboration pour Lettres des Iles Baladar, stimule son approche anticonventionnelle de l'illustration.
   En 1948, il fait sa première couverture de Vogue, et Robert Delpire lui publie Les Larmes de crocodile, premier succès mondial d'une longue série de livres pour enfants. Toujours avec Robert Delpire, il crée des affiches pour Citroën (sans représentation de voitures), des décors et costumes de théâtre et ballet (Roland Petit, Gene Kelly), des couvertures pour le prestigieux New Yorker (soixante à ce jour) et l'illustration de classiques comme Ubu Roi, L'Ecume des jours.
   En 1958, ses recueils de dessins connaissent un succès retentissant outre-Atlantique, ce qui lui ouvre les portes des Etats-Unis.
   En 1960, il abandonne le travail de journaliste dans l'urgence, pour consacrer à ses rêves la place qu'ils méritaient.
   En 1986, le Palais de Tokyo organise une grande rétrospective de son oeuvre (dessins, collages, peintures et sculptures).
                   
   Depuis plus de 50 ans, André François ne cesse de nous surprendre par son éclectisme technique, son art de restituer les rêves ou les cauchemars l'espace d'une image.
    "Je n'aime pas les montagnes, elles sont déjà faites".
André François préfére les plaines qui offrent plus d'espace pour lancer son imagination au galop, faire la guerre à l'ennui avec un arsenal illimité d'outils.

Bibliographie
André François, Textes de F. Mathey et A. Francois. Ed Herscher.
Les larmes de crocodiles, 10/18, R. Delpire.
Les rhumes, R Delpire.
You Are Ri-di-cu-lous, Pantheon Books.
The Eggzercise Books, Daily Bul.
Roland, Ed Circonflexe.

LE FILS DE L'OGRE
d' André François et François David
    Tout le monde ne connaît peut-être pas encore le nom d'André François, pourtant chacun a forcément déjà vu ses compositions. Il a réalisé des couvertures d' hebdomadaires français et étrangers ou encore celle de la première édition légendaire de La Vie devant soi. Il a illustré des textes de Prévert, de Jarry, a imaginé le logo de L'Ecole des Loisirs. De nombreuses affiches pour le Printemps, Citroën, les ballets Roland Petit , etc., et plus d'une dizaine de marques prestigieuses portent sa griffe. De son recueil, Les larmes de Crocodile, premier succès mondial d'une longue série de livres pour enfants, à ses dessins d'humour qui ont reçu un accueil enthousiaste, le style d'André François est immédiatement identifiable.
    Une grande rétrospective au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris a été consacré à son talent d'illustrateur et de peintre. Même si l'homme est aussi discret que sa signature - un AF qu'il pose au pied de ses compositions - l'artiste est sans conteste, dans son domaine, un des plus importants de cette époque.
   
    Ce livre est une surprise : il va étonner et ravir non seulement les nombreux admirateurs de l'artiste, fervents et inconditionnels, mais aussi ceux qui, jetant par hasard le regard sur l'ouvrage, seront séduits par son inspiration et sa verve qui n'excluent nullement la beauté plastique.   
    Le point de départ est un conte de François David : Le fils de l'ogre, un texte initiatique qui montre avec beaucoup d'humour, combien il est difficile d'être le fils de son père quand celui-ci est un ogre qui aime les êtres à les croquer.  Or ce père ne peut pas admettre que son fils ait des penchants moins sanguinaires que les siens et qu'il n'emboite pas ses pas de géant. Les illustrations d'André François sont aussi puissantes que belles. Rarement on aura tiré une telle force de compositions pourtant sobres, prolongeant immédiatement le texte.
    Mais l'imagination lancée à la poursuite de l'ogre, André François n'a pas borné là son appétit, et à son tour, il s'est mis à les croquer en une galerie de portraits tonitruants, pittoresques et d'une incroyable invention.
C'est ainsi que surgissent sous nos yeux L'Ogre jaune, le Lavis à l'ogre de Chine, le terrible et superbe Violon d'ogre et tant d'autres nés de son imagination débridée.
    A propos du dessin d'humour, André François dit "c'est un travail d'horloger, de précision, une discipline de l'expression où tout superflu est à éliminer". Il aime le mélange des genres et des matières. Son goût pour les arts populaires est certain et le qualificatif "d'art brut" n'est pas pour lui déplaire.

    Voici un livre à découvrir, à reprendre, pour la joie de le savourer encore dans tous ses détails étonnants, un livre à faire peur et à faire rire, bref, à croquer sans pitié.