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Philippe Sollers

Philippe Sollers de son vrai nom Philippe Joyaux est né en 1936 dans la Gironde.
Son premier roman, Une curieuse solitude, est publié en 1958. Il est un des fondateurs, en 1960, de la revue Tel Quel aux Éditions du Seuil qui défend des auteurs alors méconnus ou très controversés : Artaud, Bataille, Joyce, Derrida, Foucault, Barthes, jusqu'en 1982. Pour poursuivre son action, il crée la revue L'Infini aux éditions Denoël, puis rapidement chez les éditions Gallimard. Il épouse en 1967 Julia Kristeva, écrivain et psychanalyste.
Après avoir publié L'Intermédiaire, Le Parc, Drame, confirmant sa vocation d'écrivain, il se lance dans d'intenses travaux stylistiques qui l'amènent à abandonner toute ponctuation visible pour libérer son expression, ce qui donne notamment Nombres, Lois, H et Paradis. Prenant conscience des risques d'enfermement de cette aventure, il se lance dans une écriture plus « figurative ». Influencé par la lecture de Céline, Paul Morand et des grands auteurs américains : William Faulkner, Ernest Hemingway, Henry Miller, Vladimir Nabokov, William S. Burroughs, Jack Kerouac ou encore Charles Bukowski , il publie Femmes. Ce roman, en reprenant le style de Louis-Ferdinand Céline, analyse entre autres les conséquences du féminisme et des bouleversements politiques et artistiques de l'histoire à travers la vie aventureuse d'un journaliste américain. Le pouvoir et la sexualité sont étudiés et exposés à partir de la thèse : « Le monde appartient aux femmes. C'est-à-dire à la mort. Là-dessus tout le monde ment ».Son écriture est de plus en plus marquée par une utilisation du cut-up et de la réflexion intérieure.
Dans le même temps, il rédige des essais d'ambition encyclopédique,  dans lequel il livre sa version de l'histoire de l'art, basée sur la défense de l'individu, de la création et du plaisir (Théorie des exceptions, La guerre du goût, Éloge de l'infini, Fleurs). Principalement axée sur la littérature (Dante, Sade, Lautréamont, Proust, Genet, Kafka, etc.), la musique (Bach, Haydn, Mozart, Miles Davis) et les arts plastiques (peintres vénitiens et de la renaissance italienne, peinture française du XVIIIe siècle, impressionnistes, peintres modernes américains), son propos se développe néanmoins dans tous les domaines (théologie, philosophie, histoire, sociologie, psychanalyse). Dans le même sens il donne des monographies de grands artistes (Watteau, Picasso, Fragonard, Bacon, Cézanne, Rodin) et trois biographies romancées (Vivant Denon, Casanova, Mozart). On peut signaler également des vidéos sur Rodin, Debord et Nietzsche ainsi qu'un entretien avec Jean-Luc Godard.
Il tient par dessus tout à défendre la liberté : « Il s’agit précisément de fuir la Famille, l’École, l’Armée, les Partis, la pesanteur, l’ennui », « En réalité, qu'est-ce qu'ils veulent, tous et toutes ? Contrôler, surveiller, détourner, retarder, pomper, exploiter, freiner au maximum, qu'il n'y ait pas trop de liberté en cours (surtout si elle doit être dite) ».
Sollers, qui habite régulièrement Venise ou l'île de Ré, dirige également la collection L'Infini et est membre du comité de lecture des éditions Gallimard.
Il a publié aux Editions Hoëbeke, Baroque du Paraguay, en 1996.