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Fleur d'océan

Annie Van de Wiele est la première femme à avoir accompli un tour du monde à la voile. Ce périple, ...

 

Cabotage

1951 : Fin du tour du monde qu'Annie Van de Wiele nous racontait si joliment dans Pénélope était du ...

 

Annie Van de Wiele

 "Je suis née, et ce n'est déjà pas si mal‚...Cela s'est passé le 18 octobre 1922 à 7 heures du matin à Gand, en Belgique, et je suis venue à l'envers.

J'ai eu des parents épatants et très compréhensifs. Dans ma jeunesse, j'ai pratiqué avec mon père quantité de sports. J'étais une enfant raisonnablement docile. A l'école j'obtenais une bonne moyenne sans me fouler : études primaires en français à Bruxelles, lycée néerlandais à Gand. A 18 ans je suis entrée à l'Université, d'abord deux ans de philologie romane, ensuite quatre ans d'histoire de l'Art et Archéologie. Licence avec distinction. C'était durant l'occupation allemande et cela n'avait rien de joyeux.

En 1943, j'ai rencontré mon futur mari à l'Université. Il était dans la Résistance, ensuite en Angleterre dans la Royal Navy, de sorte que nous ne nous sommes mariés qu'en 1946.
Ayant les mêmes goûts, nous avons fait construire un voilier (OMOO) et nous sommes partis ensemble. Arrivés à Nice, nous y avons laissé OMOO pendant un an pour nous embarquer à bord d'un voilier français nommé FLEUR d'OCEAN qui allait à Tahiti, avec deux couples, un mécanicien et quatre enfants en bas âge. Ce fut un voyage réussi et, pour nous, un voyage initiatique. Nous sommes rentrés en Europe en cargo.
Puis nous avons fait le tour du monde. Après notre retour, nous sommes repartis avec OMOO, nous avons pour diverses raisons personnelles passé un hiver à Séville, puis traversé la Méditerranée en longeant le Nord de l'Afrique, ensuite le canal de Suez et la Mer Rouge pour nous retrouver dans l'Océan Indien.

A Monbasa, nous avons vendu le bateau pour essayer de réaliser un autre de nos rêves de jeunesse : la chasse au gros gibier en Afrique. Louis a obtenu sa licence de chasseur professionnel. Au bout d'un an nous avons compris que le gros gibier avait plus grand besoin d'être protégé que chassé et nous avons travaillé quatre ans, à titre bénévole, pour les parcs et réserves. Nous avions une petite ferme dans les hauteurs avec vue sur le mont Kenya.

Nous sommes rentrés en Belgique en 1962 ou par-là, totalement sans le sou, et nous avons travaillé, moi en tant que secrétaire du Royal Belgian Sailing Club, Louis comme architecte de yachts. Il a eu du succès et certains de ses excellents bateaux naviguent toujours.

En 1965, nous avons fait construire un autre bateau, HIERRO, un côtre aurique de 9m50 avec lequel nous sommes allés aux Antilles et puis revenus. Entre-temps, nous avons occasionnellement navigué avec d'autres bateaux en Suède, Ecosse, Espagne, Hollande, Bretagne, Canada, etc.

En 1970 environ, nous avons fait l'acquisition d'un château-fort en ruines dans le Lot-et-Garonne et nous y avons passé dix années heureuses à beaucoup  nous amuser et à nous casser les reins en restaurant cette superbe ruine moyenâgeuse. Nous l'avons mise en vente sur un coup de tête et avons bien regretté de l'avoir quittée‚...mais on ne rajeunit pas.

Mon mari est tombé malade. Il est mort il y a cinq ans. Je vis maintenant dans une grande vieille maison bourgeoise dans un village de 500 habitants où il ne se passe rien et c'est très bien ainsi. Je suis la gardienne du musée."