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Paolo Rumiz

Aux frontières de l'Europe


14 x 22,5, 320 p.
ISBN : 9782842304027
Paru le 24/03/2011
20,50€


« Une vraie frontière, avec des barreaux, des barbelés, la police qui fouille tes bagages et contrôle tes papiers avec suspicion: à l'heure où les frontières tombent, où les rideaux de fer se désagrègent et où le "global" atténue le sens de l'ailleurs, j'ai cherché la limite de l'Europe, les confins de l'Union dans la terre des fleuves, des forêts et des lacs, où nombre de peuples ont été balayés et où affleurent encore les ruines des grands empires. J'ai fait un voyage "vertical" de l'Arctique à la Méditerranée, des pâles terres du Nord aux contrées brûlantes du Minotaure. Un voyage dans l’autre Europe. Un voyage en sac à dos et transports en commun - des cars aux fabuleux trains russes. Un voyage avec et parmi les petites gens, le long d'une route qui s'est tracée d'ellemême
de rencontre en rencontre ». L’esprit, l’âme d’un pays, a fortiori d’un ensemble de pays se choisissant un destin
commun ne se donnent jamais mieux à lire que dans les marges, sur les frontières — par ce à quoi ils s’opposent, ou ce dont ils se distinguent. Fort de cette conviction, Paolo Rumiz a entrepris en 2008 un voyage de 7 000 kilomètres, de l’Océan Arctique à la mer Noire par tous les moyens populaires de déplacement, passant d’un bord à
l’autre, depuis Rovaniemi, en Laponie finlandaise jusqu’à Odessa. Il traverse des postes de douanes, des grillages, des barrières avec des miradors et des projecteurs, il vit des confiscations de marchandises, des attentes interminables, des arrestations, des rackets, des règlements de compte entre mafieux, des contrôles de
visas, mais aussi la générosité des simples gens. D’Odessa, il prend un improbable ferry pour Constantinople, où il débarque dit-il, non sans mélancolie, avec « comme des barbelés à l’intérieur de moi-même ».
Un livre saisissant, lucide et généreux, mêlant le cocasse et le tragique, d’une superbe écriture, hantée par la mélancolie d’une Europe dévastée par trop de guerres. On pense à Magris pour son art de distiller à travers gens et paysages, mais toujours en situation, la mémoire des lieux, à Patrick Leigh Fermor aussi, de ce chef d’oeuvre qu’est Le temps des offrandes, qui juste avant la 2ème guerre mondiale, tandis que montait le
nazisme, entreprit un voyage à travers l’Europe qui le conduisit, lui aussi, à Constantinople.

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